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lundi 6 janvier 2020

Dis moi avec qui tu joues, je te dirai qui tu es

Je passe beaucoup de temps à me perdre sur internet. Entre Reddit, Youtube et Twitter, j'ai accès à des sources quasiment inépuisable d'article, de contenus et de lien. De permalien en suggestion je me divertis et je me cultive.

Et je passe beaucoup, BEAUCOUP, de temps à me renseigner sur le jeu de rôle, le game design et la création ludique en générale. je suis du genre à lire tout ce qui me tombe sous les yeux, regarder toutes les vidéos qu'on me suggère et à m'intéresser à tous les avis émit.

J'ai beaucoup appris en faisant ça, des notions de game design qui m'était inconnu, des techniques d'improvisation, des conseils de communication et plein d'autres choses encore. Mais parmi ces débats qui animent la communauté rôliste, il y en a un auquel je n'ai jamais réussi à m'identifier et qui, dans mes premiers mois de lecture sur le sujet, m'a étonné par la fréquence à laquelle il réapparaissait.

"Bon, tu vas cracher le morceau? Ça fait 3 paragraphes que tu tournes autour du pot!"

J'y viens, j'y viens. Le contexte est important, vous savez?

Le mien de contexte, c'est que je ne joue jamais autrement qu'en physique, je n'ai jamais essayé les tables virtuelle comme Roll20. De plus, je n'ai jamais fait jouer des inconnus ni jouer avec eux. (C'est dans mes résolutions pour 2020 alors peut être que d'ici quelques temps cet article sera obsolète, mais bon...)

Et, à partir de ce point de vue, j'ai eu du mal à comprendre les discussion sur les interdits moraux à la table de jeu. J'ai entendu beaucoup de MJ dire clairement qu'il refusait catégoriquement que les Personnages Joueurs soit mauvais ou qu'ils fassent certaines actions. J'ai lu des histoires de joueurs horrifiés par les thèmes et le ton de leurs MJ. Et je vous avoue qu'au départ j'observais ces débats, incrédule.

Mais, aujourd'hui j'ai envie d'aborder le sujet. Je n'aurai pas de source à citer cette fois-ci. Ni de plan pour ma dissertation. j'ai simplement envie de dérouler ma pensée de philosophie de comptoir. Alors, j'écrirai peut être moins de 1000 mots, peut être plus que 1500. Et ça sera surement moins structuré que mes articles habituels. Mais j'ai quand même quelques avis, idées et pistes de réflexions à vous partager.

Avant de commencer, je vais rappeler que c'est un avis et qu'il est donc forcément personnel. Je ne devrais pas avoir à le dire, mais on est sur internet. Et, malheureusement, sur internet certaine personnes sont incapable de recul et d'ouverture d'esprit. Bon, c'est mon avis alors il est probablement meilleur que celui que vous avez, mais je ne vous en voudrais pas si vous avez gardé le votre à la fin de cette article.

Allez! Maintenant que j'ai fait la blague qui a fait partir la team premier degré, on va pouvoir s'y mettre. 


La première chose qui m'a étonné quand je suis tombé sur ces discussions, c'est que pour un très grand nombre de Maître du Jeu c'est tout à fait habituel d'avoir des action et des thèmes prohibés. Je ne compte plus les postes de MJ disant de but en blanc qu'il n'hésitait pas à virer un joueur si son personnage avait tel ou tel comportement (souvent des actes immoraux du genre : meurtre, viol, racisme, enlèvement, etc...). Et je vous avoue que ça m'a mit sur le cul.

Je peux comprendre dans le cas où on joue avec des enfants ou des ados, bien sur. Je ne suis pas un sociopathe. Mais entre adulte? Jouant des rôles? J'avais du mal à piger.

Parce que, pour moi, c'est le principe même du hobby. Ou en tout cas de l'aspect Roleplay du hobby : incarner un personnage. Le faire vivre selon sa propre idéologie et son propre vécu. Et, oui, si mon personnage est un raciste, fanatique du dieu de la guerre et bien il risque de faire des choses que la morale réprouve.

Et même que MA morale réprouve. C'est là qu'est tout le plaisir. La catharsis, c'est important.

Et puis, il y a la question du "réalisme". Je sais que beaucoup de gens joue dans des univers de High Fantasy, souvent plutôt manichéen (coucou les alignements de D&D). Moi, ça me fait chier. J'aime la Dark fantasy, sombre, brutal, désespérée.

Et bien, si la scène qui se joue à ma table est le pillage d'une ville, par exemple. Que mes joueurs soit défenseurs ou attaquants, je compte bien qu'il soit viscéralement engagés. Je veux qu'il puisse saisir l'horreur d'une telle situation : les flammes, la boue, les cris, les pleurs, la souffrance physique et psychique. Et, si je veux pouvoir faire ressentir cela, les scènes de meurtre et de viols ne sont pas seulement logique. Elles sont nécessaire.

Du coup, je me disais de tous ces gens : "Mais c'est pas possible d'être aussi obtus et arbitraire! Je suis bien content de jouer avec mes potes".

Et puis je me suis rendu compte d'un truc. Je joue avec mes potes. Et ma fiancée, et de la famille. Bref. Vous avez compris l'idée. Quand je joue ou que je fais jouer, c'est avec des gens qui partage mes goûts, qui me connaissent parfaitement et en qui j'ai confiance.

En lisant les histoires de camarades MJ ou joueurs, je me suis rendu compte que ce n'était pas (loin de là même) le cas pour tout le monde.

Personnellement, je n'ai jamais été confronté à des mecs flippant n'ayant apparemment jamais croisé une femme de leurs vies. Ni a des hystériques estimant que tout leur ai dût non plus, d'ailleurs. (Je reste persuadé que ces types n'existe que sur internet. Ils sont mes croques-mitaines des réseaux sociaux, en quelques sortes.)

Je peux alors comprendre que les gens qui jouent avec des inconnus aient des règles de bonne conduite. C'est vrai que c'est plus facile de directement interdire certains sujets pour être sûr que personne ne soit mit mal à l'aise ni que qui que ce soit dérape.

Cependant, je pense que ces règles ne devraient pas être absolu. Elle devrait être discuté à chaque début de campagne. Dans la fameuse session 0 avec lesquelles tous les gens qui parle de JDR vous rebattent les oreilles.

Si quelqu'un veut intégrer ma table, je vais lui demander s'il a des sujets tabous. Et, c'est simple; s'il y a certaine chose qu'il ne supporte pas et que je sais qu'elle risque d'arriver à ma table, je lui dirai simplement qu'il y a des chances qu'il ne s'y plaise pas. Car, toutes les personnes qui y jouent savent dans quoi ils s'embarquent. Ils savent que le monde autour d'eux sera froid et cruel. Et ils savent aussi qu'ils auront une liberté d'actions totale.

Et inversement. Si on m'invite à jouer à une table où certain sujet sont tabous, il y a de grande chance que je refuse. Poliment.

A chacun de connaitre ses limites, ses goûts et ses envies. Cependant, il faudrait que certains arrête de parler en absolu. Dans un camp comme dans l'autre.

Non. Toutes les tables ne doivent pas être inclusive et moralement soutenable pour tous le monde.

Non. Toutes les tables ne doivent pas être des espaces de libertés inconditionnelle.

Les tables de jeux ne doivent rien être du tout. Elles ne sont que le reflet des personnalités qui la composent.

"-A votre santé et à la revoyure!"

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